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Journée technique : aéroports et biodiversité

Mis à jour le mardi 24 octobre 2017 15:05

Biodiversité dans le monde aéroportuaire

Il existe 550 aérodromes en France représentant une surface totale de plus de 400 km² (de 2-3 ha pour les plus petits à 3257 ha pour RCDG). 70 % des surfaces de ces aérodromes sont végétalisées (prairies, boisements…).

Le premier lien avec la biodiversité dans la gestion de ces surfaces est la problématique du risque animalier (anciennement appelé péril aviaire) pour éviter les collisions entre les animaux et les avions. 630 collisions ont été enregistrées en 2016 dont seulement 5,4 % sont considérés comme sérieux et sont dus dans 94 % des cas à des oiseaux (dont 30 % de rapaces). Une baisse de 10 % des collisions est observée depuis 2010.

Les aérodromes sont couverts à 75 % en moyenne d’espaces verts qui sont parfois des zones refuges au sein du milieu urbain dense (exemples des aéroports de Nice, Nantes ou Orly en IDF).

Certains d’entre eux ont des démarches en faveur de la biodiversité depuis plusieurs années (exemple des aéroports d’Ajaccio ou Castres). D’après un sondage réalisé par la STAC auprès des aérodromes français, 48 % d’entre eux s’intéressent à la biodiversité pour des raisons de sécurité, 43 % comme réserve, 30 % la voie comme une contrainte et 22 %  comme ayant un impact négatif. Cependant, plus de 50 % de ceux qui ont répondu à l’enquête sont impliqués en faveur de la biodiversité. Les principales actions menées sont :

  • amélioration des connaissances (inventaires naturalistes, sciences participatives…) ;
  • gestion du risque animal (techniques d’effarouchement acoustique, pyrotechnique, laser, fauconnerie voir prélèvement en dernier recours) ;
  • gestion du couvert végétal (plan de fauche, hauteur de coupe, choix des semences, exportation de la fauche, zéro pesticide) ;
  • autres (création d’habitats, pose de nichoirs, réintroduction d’espèces, financement d’espaces naturels…).

Exemple d’un aéroport inscrit dans un projet de territoire : Aéroport Niort-Marais Poitevin

L’aéroport Niort-Marais Poitevin fait 162 ha dont la moitié de surface agricole et ¼ de pelouse sèche (1ère pelouse sèche en surface du département). L’aéroport est bordé par des terres agricoles et un site Natura 2000. La gestion de celui-ci est faite en régie par la ville de Niort. Il est considéré comme réservoir de biodiversité au sein de la TVB niortaise.

En 2010, un plan de gestion écoresponsable a été mis en place en partenariat avec des associations locales (Deux-Sèvres Nature Environnement, Groupe ornithologique des Deux-Sèvres, CNRS et Société française d’Orchidophilie).

Un diagnostic écologique du site a été réalisé sur les habitats, la flore et la faune sur 6 mois (12 habitats dont 2 d’intérêt communautaire, 269 espèces de flore dont 6 orchidées, 81 oiseaux et 27 papillons). Des inventaires complémentaires sur  les criquets et les reptiles sont prévus.

L’aéroport expérimente sur la gestion avec par exemple la fauche hippomobile (peu convaincante car difficile à mettre en œuvre sur le site).

Un plan de gestion simplifié a été réalisé pour une période de 5 ans. Chacun des milieux diagnostiqués à une fiche de présentation dans laquelle se trouvent les objectifs de gestion, les modalités, les points de vigilances, des indicateurs de suivi et un calendrier d’intervention.

Méthode d’analyse des enjeux en matière de biodiversité aéroportuaire : AIRPACT-Biodiversité

Cette méthode a été développée par Vinci Airports qui gère 35 aéroports dans le monde dont 12 en France (Lyon, Nantes…).

L’entreprise a lancé en 2016 une politique environnementale s’appuyant sur 4 piliers :

  • Obtenir et maintenir les accréditations ACA (Airport Carbon Accreditation) pour tous les aéroports ;
  • Réduire l’intensité énergétique de VINCI Airports de 20% d’ici 2020 (par rapport à 2013) ;
  • Réaliser un diagnostic des enjeux biodiversité pour tous les aéroports ;
  • Obtenir la certification ISO 14 001 pour tous les aéroports.

La méthode d’analyse a été élaborée avec le bureau BTEE dans un objectif de prise en compte du risque animalier. Cette méthode se veut simple et reproductible sur tous les aéroports du groupe.

Exemple de l’aéroport de Nantes-Atlantique : d’une superficie de 320 ha dont 120 ha d’espaces naturels, il se situe au sein de la trame verte de l’agglomération nantaise proche d’une ZNIEFF et d’un site Natura 2000. La zone réservée comprend des secteurs de compensation, des zones de friche, un bois, un bassin de rétention. Un diagnostic des zones humides a été fait entre 2015 et 2016. L’aéroport est en gestion différenciée, pratique la fauche tardive et le zéro pesticide. L’entretien des clôtures (côté extérieur à la zone réservée) est réalisé par le pâturage de chèvres et moutons d’Ouessant.

En 2016, 415 effarouchements ont été réalisés pour 50 captures et 6 collisions.

Pour réaliser un diagnostic des enjeux biodiversité, un Indice Biologique Aéroportuaire (IBA) est calculé. Cet indice permet de faire des comparaisons d’une année à l’autre ou les aéroports entre eux. Une base de données a été développée : Airport Biodiversity Management (ABM).

La démarche se décompose en 5 étapes :

  1. Définition des périmètres et bibliographie : diagnostic initial des connaissances existante pour identifier des enjeux potentiels ;
  2. Diagnostic initial des milieux (naturels et anthropiques) et des espèces (flore, avifaune et mammifères). Permet de définir des secteurs à enjeux et de d’obtenir d’une cartographie des milieux de l’aéroport ;
  3. Attribution d’un statut de vulnérabilité  et calcul d’un indice d’abondance des milieux. Cette étape permet de localiser les milieux et les espèces et génère une matrice des enjeux biodiversité ;
  4. Calcul de l’IBA ;
  5. Détermination du plan de gestion et du plan d’actions.

Le coût de mise en œuvre est estimé à 30 000 € pour la première année (stratégie biodiversité, gestion) puis 2 000 € pour le suivi annuel.

À Nantes, les mesures suivantes ont été mises en place : valorisation des zones naturelles, diversifié les milieux, amélioration du plan de gestion, sensibilisation et formation des acteurs, aide au choix dans les nouveaux travaux et site de compensation éventuelle.

Biodiversité aéroportuaire et sciences participatives

Exemple de l’aéroport de Paris-Orly (ADP) implanté en 1910.

L’aéroport a une surface de 1528 ha dont 48% espaces verts (90% en prairie).

Une démarche en faveur de la biodiversité a été engagée dans le cadre de la politique environnementale d’ADP 2016-2020. Un schéma directeur biodiversité a été réalisé pour 2018.

Des inventaires faunistiques ont été réalisés en 2014 (34 espèces observées) puis en 2016 (65 espèces observées). En 2014, un marais filtrant a été inauguré pour traiter les eaux pluviales.

Un plan de gestion des fauches adapté a été fait notamment en mettant en place des séquences d’intervention. Le fauchage se fait de préférence la nuit pour limiter le risque animalier. Des zones ne sont pas fauchées et d’autres plus régulièrement (partenariat avec un agriculteur de la région qui récupère le produit de la fauche pour lui). L’objectif est de faire certifier les prairies de l’aéroport en Bio.

En 2008, une plateforme de compostage a été construite pour réduire la production de déchets verts.

Depuis 2015, l’aéroport est à zéro pesticide total sur l’ensemble de la zone réservée. Des problématiques de désherbage persistent avec le chardon et les joints des dalles bétons (désherbage manuel).

Un partenariat a été mis en place avec HOP !Biodiversité depuis 2013. L’association accompagne les agents de l’aéroport dans la mise en place des sciences participatives (SPIPOLL, OPVT, IPA, Vigie Chiro et certains protocoles de l’OAB). L’association visite la plateforme entre 3 à 6 fois par an pour effectuer les inventaires que les agents ne peuvent pas faire eux-mêmes.

Gestion écologique de l’aéroport de Châteauroux-Centre

L’aéroport fait 410 ha dont 250 ha de prairie (jamais labourée, jamais traitée) au sein d’une zone de grande culture.

Un partenariat avec Indre Nature a été mis en place pour réaliser un plan de gestion dans l’objectif de faire de l’aéroport un réservoir de biodiversité. Un diagnostic faune et flore a été réalisé sur les 4 saisons qui a permis de mettre en place un plan d’actions sur 5 ans. Le budget a été de 20 000 € au départ puis de plus ou moins 15 000 par an.

Une partie du site est en fauche réalisée par un agriculteur.

L’aéroport utilise encore des pesticides à l’entrée du site, sur les joints de dalles et les pieds de clôture. Une expérimentation de plante couvre-sol est en cours pour les clôtures.

Des gîtes à chiroptères ont été installés, des tas de pierres avec nichoirs pour le Traquet motteux…

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