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En route vers la COP 21 : Natureparif se mobilise pour le climat et la biodiversité !

Mis à jour le vendredi 5 juin 2015 10:46

 

Changement climatique et biodiversité : deux faces du changement global


La France accueillera en décembre 2015 la 21ème conférence des parties (COP 21) sur le climat. Des décisions ambitieuses sont espérées pour réduire la dépendance de notre société à l’égard des ressources fossiles émettrices de gaz à effet de serre et engager la transition écologique. De nombreux acteurs dont Natureparif espèrent que le débat ne sera limitera pas à la question énergétique… Car la biosphère connaît une crise multiple et le changement climatique n’est qu’une facette des changements globaux à laquelle s’ajoute l’érosion croissante de la biodiversité (voir schéma ci-dessous). Les deux phénomènes se renforcent l’un l’autre …par l’étalement urbain, l’imperméabilisation des sols, la fragmentation du territoire, l’agriculture intensive ou toute activité humaine déconnectée des logiques de la nature. Il faut agir à tous les niveaux en même temps.

 

 

Le changement climatique et la biodiversité dépendent l’un de l’autre par des boucles de rétroaction (d'après Charline Hue, Ludivine Conte, Anaïs Kermagoret, Marine Kuperminc - AgroParisTech)

 

Pour Natureparif, la transversalité prime à l’heure où les politiques publiques privilégient des solutions sectorielles. Cela veut dire qu’on peut agir en faveur des énergies renouvelables, promouvoir les transports propres, améliorer de l’efficacité énergétique, tout en s’assurant que ces solutions sont aussi intéressantes pour la biodiversité (leur emplacement, leur bilan matière, etc.), auquel cas ce serait contreproductif (voir le retour sur la rencontre « Énergie et biodiversité » organisée le 20 janvier par Natureparif). Dans le même temps, la nature est elle-même une solution d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques : elle doit s’inscrire au même titre que d’autres solutions dans les mesures de la transition. Pour l’heure, les moyens de lutte contre les changements climatiques négligent ce rôle important de la biodiversité.

 

Mettre en oeuvre des solutions "inspirées de la nature"

 

La nature n’a pas qu’un rôle esthétique, elle assure des fonctions multiples dont nous n’avons pas forcément conscience. Qu’elles soient régulatrices, épuratrices, productives, les propriétés et bénéfices retirés de la nature sont multiples, on aurait tord de s’en priver ! C’est la biodiversité assure la stabilité des écosystèmes et leur résilience face aux aléas. Préserver biodiversité renforce la capacité de chaque milieu à faire face aux changements, notamment climatiques. Concrètement, cela veut dire qu’il est aussi primordial de renforcer la biodiversité dans toutes ses composantes (génétique, spécifique et écologique) en ville, à la campagne, en forêt, pour un effet levier bien plus important. L’Agence invite les acteurs du territoire à privilégier ces solutions inspirées de la nature au niveau local pour gérer les aléas : gestion de l’eau, des inondations, migrations et déplacements d’espèces, changement dans les températures.

 

  • En milieu urbain :

Ces solutions inspirées de la nature incluent notamment la création de corridors écologiques en milieu urbain, ainsi qu’une gestion écologique des espaces verts. Cela passe aussi par l’intégration de la biodiversité aux bâtiments (voir les 15 propositions de Natureparif) comme par exemple grâce à la végétalisation qui permet la modulation des consommations d’énergie (voir une présentation à ce sujet). La gestion alternative des eaux par le biais de mares, noues, jardins de pluie, associée dans certains cas par la déminéralisation des espaces imperméabilisés sont autant de solutions naturelles. Enfin, développer la phyto-épuration en milieu urbain pourrait permettre de traiter différents flux d’eau à moindre coût tout en recréant des habitats pour les espèces. Ces solutions font appel à l’ingénierie écologique dont le but est de s’inspirer du vivant avec un minimum d’intervention humaine, par opposition aux techniques classiques dites « grises » faisant appel à l’ingénierie civile à haut degré de technologie et de génie civil. Les deux « ingénieries » ne s’opposent pas pour autant et peuvent être combinées. Outre son utilité écologique, la nature offre aussi d’autres bénéfices sociaux en termes de santé et le bien-être des citadins (production d’oxygène, stockage du carbone et filtration des particules, attributs récréatifs). Les solutions qui s’en inspirent peuvent par ailleurs – en coût global d’investissement et de gestion – s'avérer bien moins onéreuses que leur alternatives.

 

La restauration de la nature en ville fait partie de la solution au changement climatique. Crédit : Atelier Dreiseitl

 

 

  • En milieu agricole :

Le même raisonnement s’applique aux milieux agricoles, menacés par l’arrivée de pathogènes ou la baisse des rendements. Face à ces aléas, une meilleure intégration de la biodiversité aux systèmes agricoles semble une solution bien plus efficace à long-terme que l’usage accru de pesticides et l’utilisation d’OGM. Renforcer la biodiversité en milieu agricole peut passer par la création de corridors écologiques (haies champêtres, bandes enherbées, agroforesterie), la limitation des intrants mais aussi par l’expérimentation d'associations culturales et de rotations, ou encore la diversification des variétés génétiques. C’est le sens de nombreuses alternatives actuelles. Agriculture biologique, bio-dynamie, agro-écologie, agroforesterie, agriculture de conservation : autant de concepts qui expriment la possibilité d’une grande diversité d’agricultures et de pratiques inspirées de la nature et des contextes locaux.

 

Le passage d’une agriculture à dominante intensive à une agriculture agro-écologique implique la mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. Crédit : Association Française d'Agroforesterie

 

  • En milieu forestier :

Les milieux forestiers sont également vulnérables aux changements climatiques et sont en proie au déplacement des aires de répartition des essences, à des événements de sécheresse ou de feux de forêts plus fréquents, mais aussi à un changement dans les rythmes de stockage de carbone ou de relargage de C02. Dans ce contexte aussi, favoriser la biodiversité en forêt et préserver les dynamiques écologiques permettrait de concilier production, récréativité et adaptation au changement. En matière de gestion forestière, les chercheurs préconisent de faire cohabiter divers types de gestion : de la naturalité (non-gestion) à la gestion plus intensive, en tenant compte des cycles sylvigénétiques, en favorisant une mosaïque de peuplements d’âges divers, en conservant du bois mort et des îlots de sénescence, en limitant le tassement des sols, etc.

 

L’adaptation des forêts au changement climatique est tributaire de la préservation de sa biodiversité. Crédit : GFDL

 

Natureparif recueille les expériences franciliennes !

 

Vous avez privilégié des solutions inspirées de la nature pour l’adaptation au changement climatique sur votre territoire ? Natureparif recense les initiatives franciliennes au sein de son observatoire des pratiques et dans le cadre de la préparation de son prochain colloque. Faites nous connaître vos projets !

Les contributions sont ouvertes via ce questionnaire

DATE LIMITE DE CONTRIBUTION : 30 JUIN 2015

 

Contact : Marc Barra – écologue – marc.barra@natureparif.fr - 01.83.65.40.23

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