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Bilan des inventaires éclairs de juin 2012

Mis à jour le mercredi 10 avril 2013 10:19

Les ornithologues du CORIF, de Naturessonne et indépendants ont répondu présent et eurent l’occasion d’exercer leurs talents sur d’autres taxons. On en a même vu à quatre pattes sur la route en train d’identifier les staphylins écrasés tout en notant d’une oreille alerte les cris et chants des oiseaux alentours. Les entomologistes, hélas, n’étaient pas tous à la fête : les lépidoptéristes sont bien vite repartis, lorsqu’ils ne sont pas restés au lit. Pourtant, vers 17h, une éclaircie a permis aux quelques papillons les plus vaillants de se dégourdir les ailes et, parfois, de tomber dans les filets des naturalistes revigorés par cette dernière chance. Pour autant, la chasse aux papillons de nuit prévue en soirée a tout de même dû être annulée. Sans surprise, le problème fut identique pour les libellules, conduisant les odonatologues à porter leur attention plutôt sur les larves et les exuvies. La pluie persistante n’a pas enchanté non plus le reste de l’entomofaune. Si un expert à la recherche de larves d’éphémères, muni de son k-way et de son troubleau a pu arpenter les petits cours d’eau, ignorant ouvertement la pluie, de nombreux autres à la poursuite des orthoptères, diptères ou autres hyménoptères ont bien souvent perdu leur combat face à la météo. Néanmoins, emmenés par un spécialiste de l’OPIE, quelques volontaires téméraires se sont munis d’une petite boîte et d’une brindille, et sont partis inspecter un à un chaque crottin de mouton à la recherche de coléoptères coprophages ! Le spectacle valait la peine, et fut rendu possible par les habitants qui nous ont ouvert les portes de leur propriété, certains ayant même modifié le programme de leur week-end pour nous.

Evidemment, avec un tel temps, les malacologues, espèce rare, étaient attendus. Quelle ne fut pas notre surprise devant la précocité des membres de cette discipline : âge maximum, 13 ans ! La moisson fut assez faible en amphibiens et en reptiles, bien que quelques passionnés aient tenté de déloger couleuvres et lézards de leurs cachettes le temps d’une photo. Quant aux mammifères, des piles dans le piège photo auraient sans nul doute permis d’augmenter un peu la liste !

Toute la journée, les hydrobiologistes de la DRIEE ont présenté les résultats de leur pêche dans la Chalouette, tant des petits poissons et des écrevisses que de minuscules organismes visibles à la loupe binoculaire. Animation incontournable tant pour les spécialistes que pour le grand public, lors des sorties ! Celles-ci, guidées par l’équipe de Natureparif, ont débuté sous la pluie, à 10h, et ont accueilli une quarantaine de personnes sur l’ensemble de la journée (trois sorties), provenant principalement des deux communes concernées par l’inventaire. Les participants de la cuvée matinale ont été récupérés sain-et-sauf, bien qu’humides, pour le déjeuner. Ceux de l’après-midi eurent plus de chance et, plein d’assurance, ont fait part de leur souhait que l’évènement se déroule chaque année dans leur commune.

Alors que la plupart des naturalistes s’en allaient, un genre nouveau arrivait. Celui des mammalogistes, qui ne sortent que la nuit. Son représentant du MNHN a fait une arrivée distinguée pendant le repas du soir, pour nous emmener au crépuscule à l’écoute des chauves-souris, par l’intermédiaire d’un détecteur à ultrasons. La pluie ayant cessé, vers minuit, nous étions toujours sur la digue de l’étang de Moulineux, en compagnie des derniers courageux. Parmi eux, se trouvait encore Madame la Maire de Chalo-Saint-Mars, dont l’accueil chaleureux, la mise à disposition des locaux et la curiosité d’esprit méritent d’être salués et ont permis à cette deuxième édition des inventaires éclairs le succès qui fut sienne. 

Chalo St Mars

BILAN DES PROSPECTIONS

Les prospections se sont surtout étendues le long de la vallée de la Chalouette et de la Marette, comme l’indique la carte ci-dessous. Les prairies mésophiles et humides, les boisements alluviaux, les jardins, rivières et étangs des fonds de vallée, ainsi que les coteaux calcaires boisés, buissonnants ou prairiaux, ont logiquement focalisé l’attention de la majorité des participants. Certains se sont tout de même aventurés sur le plateau agricole.

En tout, nous avons recueilli 2230 données pour 782 espèces, principalement sur la commune de Chalo-Saint-Mars (tab. 1), près de trois fois plus grande que Chalou-Moulineux. La grande majorité des données a été obtenue en une journée, mais les photographies d’insectes effectuées par un riverain dans son jardin ont complété l’inventaire. Trois naturalistes ont poursuivi quelques prospections le dimanche matin, sous une météorologie plus clémente.

 

Nb de stations

Nb de données

Nb d’espèces

Chalo-Saint-Mars

99

1904

720

Chalou-Moulineux

22

326

218

Total des 2 communes

121

2230

782

Tableau 1. Effort de prospection, nombre de données et d’espèces pour chacune des 2 communes.

Information remarquable, une étude avait été réalisée sur ce territoire par Biotope durant l’année 2010. Celle-ci, nettement plus étalée dans le temps (mais avec moins d’observateurs), avait permis de détecter 590 espèces. L’étude de Biotope a particulièrement mis l’accent sur la botanique, puisque les trois-quarts des espèces détectées sont des plantes. Ils ont également trouvé plus d’espèces de Rhopalocères et d’Orthoptères, ces espèces n’émergeant pas toutes aux mêmes dates. La plus-value de cet inventaire par rapport à l’étude de Biotope se joue donc sur d’autres groupes d’insectes, et plus particulièrement sur les coléoptères, les diptères, les hyménoptères et les éphéméroptères, ainsi que sur les champignons et les mollusques. Pour les autres groupes, certaines espèces assez rares ou rares n’avaient pas été trouvées par le Bureau d’Etude, et inversement. Les naturalistes franciliens demeurent peu connaisseurs des arachnides, et certains groupes, sans leur spécialiste, sont restés orphelins ou presque. Pour d’autres, une seule journée engendre des lacunes encore plus flagrantes (mammifères).

LA FLORE : 345 espèces recensées

graphique

Observateurs : Douchin M., Perriat F., Boniface S., Fouquet L., Daubignard J., Henry R., Touratier G., Bottinelli J., Alloitteau O. et al.

Certains groupes n’ont pas eu la chance d’avoir un spécialiste pour venir caresser leurs frondes ou leurs thalles : fougères (4 espèces), prêles (1 espèce) et mousses (3 espèces) ont été sous-détectées. Ces taxons comportent pourtant de nombreuses espèces bio-indicatrices, et peuvent rapidement constituer un terrain de jeu fascinant.

Tout le monde a-t-il prêté attention aux arbres ?

Les genévriers, assez fréquents, trouvent ici sur les coteaux calcaires leur substrat privilégié. Deux autres résineux sont présents dans les boisements, le Pin sylvestre et le Pin laricio. Côté feuillus, on en a relevé 20, presque tous communs, mais certains sont passés inaperçus : aucun Châtaigner ni Erable plane signalé, par exemple ! Seul le Noyer noir (Juglans nigra), introduit d’Amérique, noté pendant les prospections, n’est pas signalé dans l’Essonne par le CBNBP, alors qu’il est présent dans le reste de la région. S’ajoutent à ce total 33 espèces d’arbustes, parmi lesquels il convient de relever la présence d’une station de Chevrefeuille commun (Lonicera caprifolium), espèce très rare mais citée dans une commune voisine par Jauzein et Nawrot (2011), une station d’Epine vinette (Berberis vulgaris), espèce rare et classée vulnérable, et la présence de deux rosiers assez rares, le Rosier des haies (Rosa agrestis) et le Rosier à petites fleurs (Rosa micrantha).

Quant aux herbes… On a relevé 30 espèces de poacées (graminées), un nombre très certainement inférieur de moitié à la réalité. Mais l’identification de chaque espèce demande du temps, et de se pencher spécifiquement sur la question. Parmi elles, 3 espèces « assez rares », dont l’une semble bien représentée sur les pelouses calcaires des deux communes : le Fléole de Boehmer (Phleum phleoides). L’Avoine pubescente (Avenula pubescens) et le Brome variable (Bromus racemosus commutatus) n’ont été notés qu’à une seule occasion, le second étant une plante messicole (associée aux cultures). Il y a également les autres groupes qualifiés d’« herbes », les carex, scirpes, et joncs. Mais pour celles-ci, la moisson est faible : 5 espèces de Carex et… c’est tout ! Parmi elles, cependant, une espèce rare : la Laîche de Haller (Carex halleriana), une espèce que l’on ne trouve que dans le sud de la région, adepte des pelouses calcicoles.

On peut regretter que les touradons de l’étang de Moulineux n’aient fait l’objet de plus d’attention, ni les potamogétons qui se trouvaient certainement à proximité. Les botanistes ne sont jamais assez nombreux, tant le spectre d’échantillon est grand ! L’étang de Moulineux n’a cependant pas été ignoré, et la présence du Nymphéa blanc (Nymphaea alba), un nénuphar rare en Île-de-France, n’a pas échappé aux observateurs : origine sauvage ou horticole ? Le milieu est typique de l’espèce.

Parmi le groupe des Apiacées (17 espèces), famille de la Carotte, la découverte la plus marquante est celle du Peigne de Vénus (Scandix pecten-ventris), une messicole rare et vulnérable en Île-de-France, qui n’était plus signalée dans cette partie de l’Essonne. Autre grande famille qu’il convient de détailler, celle des légumineuses, ou Fabacées. Ce sont 23 espèces qui ont été mentionnées, parmi lesquelles deux espèces assez rares des pelouses calcicoles, la Coronille naine (Coronilla minima) et la Bugrane gluante (Ononix natrix). Mais cette fois encore, les explorateurs des cultures ont été récompensés : deux vesces associées aux bords de champs ont été trouvées, la très rare Vesce striée (Vicia pannonica striata), dont la présence est probablement inédite, et la rare Vesce jaune (Vicia lutea), classée vulnérable.

Les Astéracées, ou composées, avec 40 espèces, se distinguent notamment par la présence de l’Armoise champêtre (Artemisia campestris) sur au moins deux stations, espèce rare et vulnérable localisée au sud de l’Île-de-France, typique des pelouses calcicoles. Côté Lamiacées (21 espèces), pas de découvertes majeures, mais la présence de 4 espèces calcicoles assez rares, appréciant aussi les milieux sableux ou caillouteux : le Bugle petit-pin (Ajuga chamaepitys), la Brunelle laciniée (Prunella laciniata), l’Epiaire annuelle (Stachys annua) et la Germandrée botryde (Teucrium botrys).

Les milieux calcaires ont concentré l’effort de prospection le plus important, ce qui a conduit à l’observation d’une des fleurs les plus rares de la journée, la Spéculaire hybride (Legousia hybrida), en danger critique d’extinction, et d’autres plantes assez rares telles que la Véronique douteuse (Veronica austriaca dubia), le Lin à feuilles ténues (Linum tenuifolium) ou le Thésion couché (Thesium humifusum). Les Orchidées y ont été abondamment recherchées, aboutissant à un total de 13 espèces, parmi lesquelles l’Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), classée vulnérable, et le Limodore à feuilles avortées (Limodorum arbortinum), assez rare dans la région.

Les prospections ont amené une belle moisson de plantes parasites. L’Orobanche grêle (Orobanche gracilis) sur la pelouse calcaire des Grès, le Mélampyre à crête (Melampyrum cristatum) trouvé dans le sous-bois calcicole du Bois des Bouleaux et sur la pelouse calcaire du Vau, le Petit Rhinanthe (Rhinanthus minor) dans une jachère au Creux-Chemin.

Enfin, une donnée remarquable nous a été transmise par un habitant de Chalo-Saint-Mars, d’une Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) photographiée le long du ruisseau à Beaumont. Cette espèce qui affectionne les prairies inondables, n’est connue que d’une seule station en Île-de-France, à Saint-Michel-sur-Orge.

6

LES CHAMPIGNONS ET LES LICHENS : 49 espèces recensées

texte par René Chalange, secrétaire général de la Société Mycologique de France

Observateurs : A. Jacquel, R. Chalange, M. Javayon, J-P. Méral

De plus en plus, les champignons sont pris en compte dans les inventaires et les gestionnaires prennent conscience de leur importance dans les écosystèmes. Désormais, on parlera de Faune, de Flore et de Fonge. D’ordinaire, le mois de juin n’est pas une période très favorable à la poussée des champignons, puisqu’il se situe à la jonction des champignons de printemps, comme les morilles, et des champignons estivaux, comme les cèpes ou les girolles. Néanmoins, les conditions météorologiques précédant cet inventaire furent suffisantes pour faire croître quelques carpophores : c’est donc une quarantaine d’espèces différentes de champignons qui purent être répertoriées ce jour-là.

Quatre mycologues régionaux participaient à cet inventaire et avaient choisi de commencer leur exploration par le bois de Bouleau, sur la route d’Etampes, qui monte vers un plateau calcaire, et plus précisément de longer l’orée du bois, côté sud, sachant que c’était certainement le plus prometteur à cette époque encore fraîche. Rapidement, nous trouvions Lepiota lilacea, petite espèce de 3 cm de haut, présentant un spectaculaire anneau brun rouge sur le pied et poussant dans l’herbe en bordure du bois ; cette petite lépiote peu commune fut retrouvée l’après-midi à Chalou-Moulineux. En suivant notre lisière herbeuse du bois, nous trouvons Marasmius anomalus, une petite espèce pas commune montrant un chapeau de moins d’un centimètre et fréquentant les pelouses rases sablonneuses.

Notre attention fut ensuite attirée par un champignon blanc se présentant comme un œuf d’oiseau de 2 cm de hauteur, bien visible dans l’herbe verte de ce plateau. L’un de nous ayant spécialement travaillé le genre Coprinus émit l’hypothèse que ce pourrait être un coprin rare. L’œuf fut donc ramassé et emmené avec précaution. Quelques mètres plus loin, nous apercevions un individu semblable mais un peu plus développé, montrant un pied de 4cm de haut et un chapeau encore très parabolique recouvert par un voile blanc engainant, identique à une coquille d’œuf recouvrant la tête d’un poussin qui vient de naître… Là, aucun doute, notre hypothèse se confirmait, nous étions bien en présence de Coprinus stanglianus, un coprin rarissime, du nom d’un mycologue allemand. Cette espèce récemment décrite d’Allemagne, en 1988, ressemble à une miniature du plus commun coprin pie. Elle se rencontre dans les pelouses calcicoles et possède certainement une grande valeur patrimoniale dans ce biotope particulier et généralement menacé. Elle n’a pas été signalée dans la majorité des pays européens. L’inventaire mycologique national ne la cite que dans 8 départements français, mais c’est la deuxième récolte essonnienne puisque dès 1998, nous l’avions récoltée près de Soisy-sur-Ecole.

Cette lisière de bois herbeuse borde un chemin contigu à un immense champ cultivé, et nous a étonné par la diversité et la rareté des espèces rencontrées, même si son exposition est favorable à la poussée de nombre de champignons. Dans ce bois de Bouleau, nous avons trouvé Russula maculata et Russula delica, deux russules emblématiques des bois calcaires, mais qui étaient assez précoces pour être présentes mi-juin. Néanmoins ce bois a montré un grand potentiel pour la poussée d’espèces intéressantes, ce qui a été confirmé par une autre visite faite plus tard.

 

LES POISSONS : 8 espèces

Observateurs : Brulin M., Bitsch T., Bottinelli J., Couric P., Daubignard J., Gerbaut A., Lalanne-Cassou Ch., Touratier G., J. Birard, M. Zucca et al.

Aucune recherche ciblée n’a été effectuée sur ce groupe : les pêches électriques réalisées par les fédérations de pêche demeurent le moyen de plus efficace pour connaître le peuplement piscicole. Seules des données récoltées de manières opportunes sont ainsi parvenues. Dans la Marette, on a repéré la Loche franche et l’Epinochette, tandis que du Chabot a été pêché par les hydrobiologistes dans la Chalouette. Les brochets de l’étang de Moulineux ne sont pas passés inaperçus, signalés par trois groupes différents. Dans ce même étang, de nombreux Gardons et Perches communes nageaient entre les nénuphars, mais aussi quelques Rotengles et Tanches.

REPTILES ET AMPHIBIENS : 9 espèces

Observateurs : Albesa L., Birard J., Bitsch T., Bottinelli J., Brulin M., Chevreau D., Houpert S., Miguet P., Provost R., Serre-collet F., Zucca M. et al

Malgré une météorologie peu favorable, le Lézard vert et l’Orvet fragile ont été trouvés chacun sur quatre stations le long des coteaux. La meilleure découverte est celle de deux Coronelles lisses, l’une au Bois Carré, l’autre à Boinville. Le Lézard des murailles a été observé notamment dans le village de Chalo-Saint-Mars.

Cinq espèces d’amphibiens ont été observées, dont de nombreux immatures de Crapauds communs aux alentours de l’étang de Moulineux, ainsi que quelques Grenouilles agiles sur le même site. Toujours à l’étang de Moulineux, les observations de chiroptères ont permis de contacter plusieurs chanteurs d’Alytes accoucheur. Enfin, dans la mare du parc de Chalo-Saint-Mars, un Triton palmé s’est laissé observer.

8

OISEAUX : 86 espèces

Observateurs : Albesa L., Berrod E., Bitsch T., Birard J., Bottinelli J., Daubignard J., Hanol J., Houpert S., Lesaffre G., Loïs G., Miguet P., Provost R., Siblet S., Thibedore L., Touratier G., Zucca M. et al.

Pour la période de l’année (la période des migrations est quasiment achevée) et la taille du territoire concerné, le nombre d’espèces découvertes est assez élevé. Cela s’explique bien entendu par la mosaïque d’habitats assez riche présente sur l’ensemble des deux communes.

La principale surprise est l’observation en soirée d’un adulte de Bihoreau gris, petit héron crépusculaire aux mœurs discrètes, qui ne se reproduit en Île-de-France qu’en Bassée, sur le site du Carreau Franc. Il a été observé passant en vol au-dessus du village de Chalo-Saint-Mars, et il se peut qu’il ne s’agisse que d’une observation sans lendemains. Cependant, les milieux présents dans la queue de l’étang de Moulineux paraissent favorables à l’espèce, et le témoignage d’un habitant photographe va dans le sens d’une possible présence antérieure de l’espèce. L’avenir nous dira si nous avons mis le doigt sur une découverte importante pour l’avifaune francilienne ! Sur l’étang de Moulineux, peu d’oiseaux d’eau semblent se reproduire : Canard colvert, Foulque macroule, Gallinule poule-d’eau et, moins commun, Grèbe castagneux (au moins deux couples). Le Héron cendré a fait l’objet de plusieurs observations isolées, mais aucun nid n’a été trouvé. Les rivières (Chalouette, Louette, Marette) sont bien fréquentées par le Martin-pêcheur d’Europe. Les milieux sont très favorables à sa reproduction, même si aucune loge n’a été rapportée (les bords de cours d’eau sont souvent en propriété privée). La Bergeronnette des ruisseaux a été contactée sur trois points différents de la vallée. La Rousserolle effarvatte est bien présente dans les roselières du parc de Chalo-Saint-Mars, ainsi qu’autour de l’étang de Moulineux. Autre espèce des zones humides, un Chevalier culblanc a été noté, mais uniquement par un cri nocturne : à cette époque, les premiers migrateurs retournent déjà vers leurs quartiers d’hiver.

L’avifaune des milieux agricoles s’est distinguée par la découverte d’au moins trois territoires d’Oedicnèmes criards, dont un sur Chalou-Moulineux. Le sud Essonne constitue le bastion agricole de l’espèce en Île-de-France. On la retrouve sinon surtout sur les carrières le long de la Marne et de la Seine. L’observation d’une femelle de Busard des roseaux à la Grange aux Moines est assez exceptionnelle. Cette espèce niche en très faible nombre en Île-de-France, aussi bien en roselière que dans les cultures. Elle est considérée « En Danger Critique d’extinction » dans la région. La présence de l’espèce à cette époque suggère la possibilité d’une reproduction dans le secteur, peut-être sur l’une des communes voisines, ou au moins la prospection par cet individu d’un secteur de nidification potentiel. Au même endroit, 5 Busards Saint-Martin étaient observés. Quatre autres données nous sont parvenues pour cette espèce, qui se reproduit très probablement sur le territoire des deux communes, probablement à raison de 2-3 couples au moins. A noter également, la Perdrix rouge a été observée à deux reprises, sur le plateau Est de Chalo. Cette espèce fait l’objet de lâchers réguliers par les chasseurs, mais son aire de répartition naturelle atteint le sud de l’Île-de-France, et des populations sauvages subsistent dans notre région. Si l’on suppose qu’une très grande partie des oiseaux lâchers sont l’objet de tirs pendant la période de chasse (alors que les oiseaux sauvages sont plus difficiles à tirer), les oiseaux présents en juin (donc 9 mois après les lâchers) ont une probabilité plus élevée d’être issus de la population sauvage. Autre gallinacé peu commun, la Caille des blés a fait l’objet de deux mentions, une à la Garenne de Longuetoise, l’autre à l’étang de Moulineux, mais cette dernière concernait un individu entendu en vol migratoire, de nuit. Le cortège Alouette des champs/Bruant proyer/Bergeronnette printanière est sinon bien représenté dans les cultures. Quant au Bruant jaune, espèce spécialiste des milieux agricoles que l’on pourrait rattacher au trio précité, il semble assez fréquent sur le territoire étudié. Information satisfaisante pour cette espèce qui, bien qu’encore commune dans la région, semble en nette régression. Même constat pour son « cousin » le Bruant zizi, même si celui-ci suit une dynamique beaucoup plus favorable. Ce dernier est, en effet, bien représenté en fond de vallée et dans les villages. Toutefois, aucune observation de Pipit farlouse, ni de Cochevis huppé, deux espèces de milieux agricoles en grand déclin en Île-de-France.

Les boisements des coteaux ont permis l’observation de 4 espèces de Pics (vert, épeiche, épeichette et noir). La Bondrée apivore et le Faucon hobereau ont été observés à plusieurs reprises. Parmi les autres espèces peu communes, citons le Loriot d’Europe, le Bouvreuil pivoine, le Grosbec cassenoyaux et la Mésange huppée. Le Roitelet à triple-bandeau apparaît assez fréquent, notamment dans le bois qui longe l’étang de Moulineux. La plus belle surprise forestière est sans doute la présence de plusieurs territoires de Pouillots de Bonelli, une espèce dont les bastions franciliens se trouvent en forêt de Rambouillet et de Fontainebleau, qui affectionnent les boisements mixtes. La mosaïque de bois, prairies buissonnantes et prairies ouvertes convient bien au Pipit des arbres, trouvé logiquement en nombre honorable. On relève cependant l’absence de deux espèces appréciant ce type d’habitat, qu’on aurait pu attendre pour la première, espérer pour la seconde : la Fauvette babillarde et l’Alouette lulu. Au rayon des absents, également, un seul chanteur de Rossignol philomèle, et aucun Tarier pâtre.

Les villages de la vallée, enfin, ont la particularité d’accueillir des densités assez élevées de Gobemouches gris et de Rougequeues à front blanc. L’Hirondelle de fenêtre niche sur plusieurs sites des deux communes. La Pie bavarde apparaît particulièrement rare (une seule observation) et, hélas, aucune Effraie des clochers n’a été signalée, (aucun indice de présence rapporté). Le Hibou moyen-duc et la Chouette hulotte sont les deux seuls rapaces nocturnes contactés, bien qu’un nichoir à Chevêche figure dans le parc de Chalo, malheureusement inoccupé.

10

MAMMIFERES : 19 espèces

Observateurs : Bitsch T., Birard J., Bottinelli J., Daubignard J., Hanol J., Houpert S., Julien, J.F., Loïs G. & T. , Miguet P., Siblet S., Thibedore L., Touratier G., Zucca M. et al.

Difficile en, une seule journée, de recenser ce groupe taxonomique. On peut ainsi considérer que 11 espèces de mammifères non volants, ce n’est pas si mal. C’est du côté des rongeurs que le bat blesse : à part l’Ecureuil roux, la Souris domestique et le Campagnol agreste… rien, pas même un Rat musqué ou un Ragondin, pourtant présents sur la commune d’après les habitants ! Aucune musaraigne, également : les quelques pièges posés n’ont rien donné, mais le mauvais temps n’a pas aidé. On relèvera de belles observations de Hérissons dans le parc de Chalo, plusieurs données de Renard, une Fouine qui traverse devant la voiture, et bien sûr, Lièvres, Chevreuils et Lapins de Garenne. Taupes et Sangliers ont été détectés par leurs traces et taupinières.

L’effort fut plus conséquent pour les Chiroptères, aboutissant à 8 espèces. A l’étang de Moulineux, la sortie nocturne a permis de détecter un ou deux Murins de Daubenton venant pêcher les insectes à la surface de l’eau parmi les nombreuses pipistrelles. La pose d’un enregistreur SM2 au bord du même étang durant les deux nuits a permis de détecter trois autres espèces de Murins, et la Grande Noctule. Les données ont été analysées par Jean-François Julien. On arrive donc, par ordre d’abondance décroissant des signaux enregistrés par le SM2, à cette séquence : Pipistrelle commune (N= 593 enregistrements), Murin de Daubenton (N= 33), Murin à moustaches (N = 8), Noctule commune (N = 8), Murin à oreilles échancrées (N= 4) et Murin de Natterer (N = 1). La présence du Murin à oreilles échancrées est remarquable : il s’agit d’une espèce autrefois assez commune, qui s’est fortement raréfié, mais qui connaît aujourd’hui une nouvelle période d’expansion, par le sud. Ce secteur semble nouveau pour l’espèce, mais sa présence pouvait être attendue.

D’autres écoutes dans le village de Chalo-Saint-Mars ont permis d’ajouter la Sérotine commune et la Pipistrelle de Kuhl à la liste, deux espèces assez fréquentes. La Noctule commune et, bien sûr, la Pipistrelle commune y ont également été contactées.

11

LEPIDOPTERES : 45 espèces

Observateurs : Albesa L., Birard J., Bitsch T., Bottinelli J., Houpert S., Losada F., Persuy P., Zucca M.

Le mauvais temps n’a pas permis un inventaire très poussé de ce groupe. Seules quelques espèces ont pu être observées en fin d’après midi. On arrive ainsi au total très faible de 16 Rhopalocères, parmi lesquelles beaucoup d’espèces communes manquent. Les prairies calcicoles offraient pourtant de nombreuses possibilités de découvertes. Il ressort toutefois que le Céphale (Coenonympha arcanius), la Petite Violette (Clossiania dia) et l’Argus bleu céleste (Polyommatus coridon), trois espèces typiques des milieux calcicoles, présentent de belles populations. Pour ce dernier, une découverte intéressante a été faite : l’observation de la très rare forme krodeli. La Carte géographique (Arashnia levana) a fait l’objet d’une seule donnée. Par contre, ni Macaon, Souci, ou même Piéride du Chou !

Les Hétérocères (papillons de nuit) n’ont pas pu faire l’objet de recherches spécifiques. Aucune des 29 espèces répertoriées ne se distingue par une rareté particulière, mais on peut mentionner, tant pour son joli nom que pour son statut généralement assez localisé, l’Arlequinette jaune (Emmelia trabealis), observée près des cultures. Le Sphinx du Troène (Sphinx ligustri) est le seul « grand » papillon de nuit signalé. Des chenilles remarquables ont été observées : celle de la Cuculie de la camomille, d’un beau rose et vert, et la Grande queue fourchue, une espèce protégée en Île-de-France.

12

ODONATES : 12 espèces

Observateurs : Birard, J., Bitsch T., Bottinelli J., Ferrand M., Hanol J., Houpert S., Losada F., Miguet P., Siblet S., Zucca M. et al.

L’aperçu partiel du peuplement d’odonates a tout de même révélé une belle abondance de Libellules fauves (Libellula fulva), principalement autour de l’étang de Moulineux. Dans le même secteur, la présence de plusieurs Orthétrums bruns (Orthetrum brunneum) est également intéressante. Ces deux espèces sont déterminantes ZNIEFF. La Libellule à quatre taches (Libellula quadrimaculata) y a également été observée. S’ajoutent à cela les découvertes d’un habitant de Chalo, qui a photographié la Cordulie bronzée (Cordulia aena) et l’Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) aux Beaumont. Rien de particulier parmi le groupe des demoiselles. Même le Caloptéryx vierge nous a échappé !

odonates

ORTHOPTERES-DICTYOPTERES : 10 espèces

Observateurs : Houpert S., Losada F., Mériguet B.,Touratier G. et al.

Le mois de juin arrive encore un petit peu trop tôt pour inventorier cette famille aux mœurs principalement estivales. Parmi les dix espèces d’orthoptères observés, la plus intéressante est probablement la Courtilière commune, signalée au Four blanc. L’état de conservation de cette espèce des milieux humides demeure assez précaire en Île-de-France. Le Grillon champêtre a été signalé à deux reprises : bien qu’assez répandue, cette espèce a accusé un grand déclin ces dernières décennies en France. Une autre espèce déterminante ZNIEFF a été trouvée,  le Criquet de la Palène (Stenobothrus lineatus), une espèce typique des pelouses calcaires. La Mante religieuse nous a aussi été signalée par un habitant plus tard dans l’été.

COLEOPTERES : 73 espèces

Observateurs : Birard, J., Bottinelli J., Dieu E., Gerbault A., Houpert S., Lalanne-Cassou C., Losada F., Meriguet B. et al.

Les recherches menées en matinée dans les pâturages du Four blanc par Bruno Mériguet ont mené à la découverte de 11 coléoptères coprophages, une belle moisson pour l’Île-de-France. La présence d’un cortège diversifié atteste de prairies bien conservées, et probablement de l’absence de traitement des moutons à base d’invermectine. C’est particulièrement le cas pour Onthophagus taurus, un scarabée de répartition principalement méridionale, dont le mâle arbore des cornes semblables à celle d’un taureau égyptien. Cinq espèces d’Onthophagus ont été trouvées au total, dont 4 déterminantes de ZNIEFF ! Si les Onthophagus et les Aphodiidae apprécient les déjections des herbivores, Trox perlatus, un trogidae peu courant, préfère les crottes de chien.

L’autre découverte principale de la journée est celle d’Anaesthetis testacea, un longicorne rare dont les citations récentes proviennent uniquement des forêts de Fontainebleau et de Ferrière. Il a été trouvé à La Fosse, sur la branche d’un chêne mort sur pied. D’autres espèces saproxyliques ont été trouvées, par exemple Omalisus fontisbellaquaei et Pyrochroa serraticornis.

Les milieux humides de fond de vallée accueillent un cortège d’espèces particulier, parmi lesquelles Plateumeris sericea, un chrysomelidae peu courant dont la larve est aquatique, adepte des zones marécageuses. Ces milieux accueillent également Paranchus albipes et Chrysolina polita, cette dernière est peu courante, ainsi que Mononychus punctumalbum, que l’on trouve sur les iris.

Autre découverte intéressante, un petit coléoptère proche des hannetons, Omaloplia ruricola, de répartition assez localisée, qui possède la caractéristique d’avoir une période d’apparition journalière très courte : on ne l’observe qu’entre 10h et midi. Celui-ci a d’ailleurs été trouvé à 11 h ! On peut sinon signaler la présence de Vers luisants (Lampyris noctiluca), et bien sûr, de la Cétoine dorée et de la Petite Biche.

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DIPTERES : 27 espèces

Observateurs : Birard J., Devezeaux N., Gerbaut A., Houpert S., Lalanne-Cassou Ch., Losada F., Zucca M. et al.

Bien maigre cortège pour un ordre recelant de centaines d’espèces potentiellement observables sur notre terrain de jeu du 16 juin. Pas tellement surprenant tant les critères d’identification relèvent souvent du calvaire ! A titre d’exemple, les 27 espèces recensées appartiennent à pas moins de 16 familles différentes. Conséquence, les spécialistes des mouches et assimilés ne courent pas les rues.

Bien souvent d’ailleurs, les identifications se sont arrêtées à la famille. C’est le cas par exemple des Chironomidae, des Dixidae ou des Ceratopogonidae observés sous forme de larves aquatiques lors du relevé IBGN. C’est le cas également des Lucilia sp. et Psila sp. prises en photo par un habitant de Chalo mais pour lesquelles, malgré la qualité impeccable des images, le nombre de soies sur les pattes, la couleur de la base de l’arista ou celle des basicostas, pour ne citer que ces termes là… n’étaient pas suffisamment visibles pour déterminer l’espèce.

Avec 8 espèces différentes, toutes assez communes, la famille dominante est celle des syrphes. Citons par exemple le Syrphe porte-plume (Sphaerophoria scripta), la Volucelle faux-bombyle (Volucella bombylans) ou l'Hélophile suspendu (Helophilus pendulus). Signalons également pour l’anecdote, que 3 espèces de Tipulidae (que l’on nomme couramment « cousins ») et deux espèces de Tachinidae (Phasia hemiptera et Zophomyia temula), mouches dont les larves parasitent d’autres insectes, ont aussi été recensées. Enfin, pour la beauté de la bête et contribuer si possible à sa renommée, on peut également citer l’observation d’Urophora cardui, un petit diptère aux ailes ornées de motifs noirs, et aux yeux bleus, de la famille des Tephritidaequi pond ses œufs dans le Cirse des champs (Cirsium arvense). D’une manière générale, l’ensemble des espèces relevées sont des espèces plutôt communes. 

dipteres

HYMENOPTERES : 18 espèces

Observateurs : Birard J., Devezeaux N., Houpert S., Losada F., Zucca M. et al.

Même constat que pour les diptères. Un groupe très varié et souvent complexe pour qui, là encore, la météo pluvieuse n’a rien arrangé. Au total donc, 18 espèces représentant 8 familles différentes. Ce faible chiffre ne reflète évidemment pas la réalité du site étudié, bien des espèces pourtant très communes n’ayant pas été recensées ce jour, à commencer par les fourmis qui n’ont pas fait l’objet d’inventaire ciblé, faute de spécialistes. L’ordre des hyménoptères se découpe en 2 groupes, les apocrites (abeilles, guêpes, fourmis…) qui constitue 11 des 18 espèces observées et les symphytes qui correspondent aux espèces n’ayant pas la taille fine de leurs consœurs guêpes et assimilés.

Ainsi, parmi les 18 espèces signalées, toutes sont communes. Sept d’entre elles sont des Apidae dont 5 espèces de bourdons du genre Bombus, 2 sont des Vespidae dont le fameux Frelon européen (Vespa crabro) souvent craint à tort et 3 sont des Tenthredinidae, famille d’insectes aux aspects multiples dont les larves qui se nourrissent de feuilles sont souvent confondues avec des chenilles. 

hymenopteres

HEMIPTERES : 20 espèces

Observateurs : Bitsch T., Birard J., Bottinelli J., Gerbaut A., Houpert S., Lalanne-Cassou Ch., Losada F., Zucca M. et al.

Les hémiptères regroupent les punaises et tous les insectes dotés d’un rostre piqueur-suceur tels que les pucerons, les cicadelles ou les cigales. Une fois de plus, ces inventaires ont permis de répertorier presque autant de familles que d’espèces parmi ce groupe d’insectes : 20 espèces de 14 familles ! Et là aussi, le dénombrement est bien en deçà de ce qu’auraient pu révéler des inventaires ciblés.

Parmi les spécimens les plus célèbres auprès des non spécialistes, citons l’observation de 5 espèces de Pentatomidae représentés par des petites bêtes connues de tous comme la Punaise verte (Palomena prasina) réputée pour sécréter une odeur nauséabonde quand elle se sent menacée ou la Punaise arlequin (Graphosoma lineatum), splendide petite punaise rayée de rouge et de noir que l’on a tous déjà observé au moins une fois postée sur une ombellifère. Et des moins connues mais pourtant pas moins rare comme la Punaise des baies (Dolycoris baccarum) observée sur les deux communes par différents observateurs ou la Punaise des blés (Aelia acuminata) parfois considéré comme un prédateur nuisible des céréales.

Bon nombre d’hémiptères recensés le 16 juin dernier ont été observés dans des milieux ouverts, plus ou moins secs mais souvent herbacés à l’image du Cercope des prés (Philaenus spumarius), de la Punaise de la Jusquiame (Corizus hyoscyami), de la Réduve des Rochers (Rhynocoris erythropus) ou de la Cicadelle verte (Cicadella viridis). A l’inverse, certaines espèces purement aquatiques telles que les Notonectidae ou les Veliidae n’ont été détectées que dans la Chalouette par les hydrobiologistes de la DRIEE.

hemipteres

EPHEMERES : 13 espèces

Observateurs : Brulin M., Gerbault A., Lalanne-Cassou C.

Il y a peu de spécialistes de ce groupe, mais l’un d’entre eux était présent pour cet inventaire, Michel Brulin. Hélas, le mauvais temps ne lui a pas permis de mener la chasse nocturne prévue : il a fallu se contenter des larves aquatiques, que l’on peut pour la plupart identifier jusqu’à l’espèce. Parmi ses trouvailles, on compte vraisemblablement surtout des espèces assez communes telles que, par exemple, Baetis rhodani, qui est LA "mouche" des pêcheurs à la mouche. Un seul membre du genre Caenis a été trouvé, Caenis horaria, l’une des espèces les moins exigeantes. C’est principalement dans les rivières que les larves ont été trouvées : 3 espèces dans la Chalouette (3 stations), 7 espèces dans la Marette (4 stations) et 4 espèces dans la Louette (3 stations). La mare du parc de Chalo n’a fourni que deux espèces (Baetis vernus et Cloeon dipterum), par ailleurs également trouvées en rivière. Aucune de ces espèces ne semblent particulièrement exigeante en terme d’habitat, mais la quantité d’espèces comme d’individus semblent plutôt satisfaisante. Elles constituent notamment une source d’alimentation importante pour les poissons.

AUTRES INVERTEBRES AQUATIQUES

Observateurs : Gerbault A., Lalanne-Cassou Ch.

Le relevé effectué dans la Chalouette par les spécialistes de la DRIEE fait apparaître un peuplement relativement banal, qui n’a pas été qualifié d’exceptionnel. La grande majorité des espèces n’ont été identifiées qu’au genre. Parmi les espèces plus « connues », on peut citer quelques crustacés, comme les gammares (Gammarus pulex), bien présentes, notamment dans le lavoir, et une espèce d’écrevisse introduite en France dans les années 1970, l’Ecrevisse signal (Pacifastacus leniusculus), qui semble bien présente. Du côté des mollusques aquatiques, un seul bivalve a été trouvé (sphaeriidae sp). A noter le signalement d’un gastéropode de la famille des planorbes, la Pateline des fleuves (Ancylus fluviatilis), espèce très sensible aux pollutions : sa présence est généralement bon signe. Cinq autres taxons de mollusques aquatiques ont été trouvés, un seul identifié au rang d’espèce (Theodoxus fluviatilis).

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ARACHNIDES : 24 espèces/taxons

Observateurs : Birard J., Houpert S., Losada F.

Aucun spécialiste des araignées n’était présent, mais quelques observateurs ont réuni leurs connaissances pour parvenir à identifier 14 araignées au rang d’espèce, et 8 autres au rang générique ; à cela s’ajoute une espèce d’Opilion (Leiobunum rotundum) et une espèce de tique (Dermacentor reticulatus). Aucun acarien n’a été identifié !

La trouvaille la plus spectaculaire est une araignée d’environ 1 cm, mais de la famille des Mygales ! Il s’agit d’Atypus piceus, une espèce peu commune affectionnant les pelouses calcaires. Sa technique de chasse est particulière : elle creuse un trou, s’y cache dans un tube de soie qui dépasse légèrement à la surface : dès qu’une proie marche dessus, l’araignée se précipite à la surface. Elle semble assez fréquente dans le secteur, puisqu’un habitant (F. Losada) nous en a également adressé des photographies.

On peut signaler aussi la présence de Frontinella frutetorum, une espèce qui, sans être rare, est assez localisée. Pour le reste, uniquement des araignées assez fréquentes, y compris autour des habitations, telles que Agelena labyrinthica, Amaurobius similis, Araneus diadematus (l’Epeire diadème), Nuctena umbratica (l’Epeire des fissures ; il est écrit qu’elle affectionne les portes… elle se trouvait sur un portail !). Les fonds de vallée humide conviennent quant à eux à des espèces telles que Pardosa agricola, Tetragnatha extensa et Evarcha arcuata. Quant à la magnifique Misumena vatia, une araignée crabe, on la trouve presque toujours sur les fleurs, qui lui servent d’appâts pour ses proies favorites, les petits insectes pollinisateurs.

Arachnides

MOLLUSQUES : 17 espèces

Observateurs : Bitcsh T., Birard J., Bottinelli J., Daubignard J., Loïs T., Provost R., Thibedore L.,Touratier G., Zucca M. et al.

Le temps s’y prêtait ! Et pourtant… rien à signaler d’extraordinaire pour ce groupe d’espèces si ce n’est l’absence cruciale de malacologues de renom, absence comblée en partie par les efforts de Tanguy Loïs sans qui la liste n’aurait peut-être pas dépassé les dix espèces. Il eut été pourtant tout à fait réaliste d’espérer une liste d’une cinquantaine d’espèces de mollusques répertoriées sur la journée sur un tel territoire.

Ainsi, toutes les espèces observées à Chalo-Saint-Mars et Chalou-Moulineux le 16 juin dernier sont des espèces communes identifiées « au passage » par des observateurs concentrant leurs efforts sur des groupes leur étant plus familiers. Pas tellement surprenant, du coup, que les observations ne concernent que des espèces communes.

Bien entendu, l’Escargot des jardins (Cepaea hortensis) et l’Escargot des haies (Cepaea nemoralis) ont été observés un peu partout. Ce fut l’occasion pour certains de se replonger dans les excellents numéros de la Hulotte pour réviser les critères de distinction des deux espèces ! Sans surprise non plus, la belle Limace léopard (Limax maximus) a été observée en divers lieux boisés, préférentiellement de nuit et régulièrement accompagnée de la Limace rouge (Arion rufus). Puis, ce fut également l’occasion pour certains familiers du programme « 50 000 observations pour la forêt » de remettre en pratique leur expérience acquise en dénichant selon les lieux, un bouton commun (Discus rotundatus), une Veloutée plane (Helicodonta obvoluta) à la drôle de coquille velue ou une Soucoupe commune (Helicigona lapicida) reconnaissable notamment à sa coquille carénée. Enfin, les plus aguerris sont allés jusqu’à retourner cailloux et vieux bois morts pour rechercher les minuscules Lauriidea ou Clausilies, parfois à peine plus grosses qu’une mine de crayon.

Mollusques

 

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