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Retours sur les inventaires éclairs 2016

Mis à jour le jeudi 22 septembre 2016 15:10

© O.RicciLes inventaires éclairs, organisés chaque année par Natureparif, mobilisent des naturalistes franciliens volontaires pour inventorier la biodiversité d'un secteur peu prospecté lors d’un week-end du mois de juin. Cette année, plus de 80 naturalistes de la région se sont retrouvés sur la commune de Melz-sur-Seine et, dans une moindre mesure, sa voisine de Chalautre-la-Grande, le week-end des 11 et 12 juin.

Malgré le temps relativement pluvieux qui n'a pas favorisé l'observation d'espèces telles que les papillons de jour ou les libellules par exemple, ou les inondations qui ont empêché les naturalistes de prospecter l'ensemble des milieux du territoire, le record d’espèces observées a une fois encore été dépassé : à ce jour, 1 141 espèces ont été observées lors de ce week-end, mais certaines données nécessitant une identification à la loupe binoculaire ne nous sont pas encore parvenues. Toutes ces observations (2 800 données) ont été saisies dans la base de données Cettia-idf.

La flore

465 espèces ont été observées, ce qui est un record pour les inventaires éclairs. Le territoire s’est révélé riche en plantes messicoles comme la Camomille puante, l’Iberis amer, le Miroir de vénus, la Berle des blés (ces deux dernières étaient encore inconnues dans la commune), toutes en forte régression en Île-de-France. En forêt alluviale, l’une des deux seules stations de Cynoglosse d’Allemagne connue en Île-de-France a été retrouvée. En forêt de Sourdun, une population importante d’Ophioglosse répandu a été recensée sur un champ de tir, et une nouvelle station de Digitale jaune a été découverte. La Violette élevée et la Sanguisorbe officinale ont été trouvées dans les prairies humides en fond de vallée. Une nouvelle station de Renoncule à petites fleurs a été découverte dans le village de Melz, l’espèce n’était pas connue en Bassée. Dans les pelouses et ourlets calcicoles, à noter les observations du rare Pastel des teinturiers, et d’orchidées peu fréquentes telles que l’Ophrys frelon et de l’Orchis homme pendu. Et pour l’anecdote la variété bicolore de l’Ophrys abeille non revue depuis 1965 en Île-de-France a été observée sur la commune de Melz-sur-Seine ce week-end.

Jeanmougin
Champs © M. Jeanmougin Ophioglosse répandu © J. Bonelli

Les champignons

L’humidité était favorable à l’observation de ce groupe mais les inondations ont empêché les mycologues de parcourir une grande partie de la vallée ! Malgré tout, 72 espèces ont été recensées, ce qui est bien sûr très en-dessous du cortège probablement présent dans le secteur.

Les oiseaux

89 espèces observées, ce qui est un petit peu moins que les deux années précédentes lors desquelles la barre des 90 espèces avait été dépassée. La Mésange boréale, espèce très menacée en Île-de-France et qui trouve ses derniers refuges dans les forêts alluviales, a été observée une fois dans les forêts de la vallée de la Seine. La Rousserolle verderolle, rare en Bassée, y a également été entendue. Dans les milieux agricoles, la Caille des blés est bien représentée. La Chouette chevêche est présente dans plusieurs hameaux des deux communes (au moins 3 couples observés), l’Effraie a été trouvée dans une grange. Au moins 3 couples de Pies-grièches écorcheur ont également été trouvés. Les Busards Saint-Martin ont été régulièrement observés et le Busard cendré à une reprise, ainsi qu’un couple de Milan noir. Grosbecs, Pics noirs et pics mars se sont avérés assez fréquents en forêt de Sourdun.

Les mammifères

19 espèces contactées. Un problème sur les enregistreurs à chiroptères ne nous a permis d’obtenir qu'un seul relevé, effectué près du piège lumineux placé près des écuries à Melz. Le secteur s’est avéré très riche, avec notamment la présence de la Barbastelle d’Europe, l’une des chauves-souris les plus rares de la région. Le Murin de Bechstein a également été contacté. Une promenade nocturne non loin du camping a également permis de tomber sur une famille de Lérot passant de branches en branches au-dessus des inondations. Nous attendons encore le résultat de contenus de pelotes de réjection à dépouiller pour obtenir plus d’informations sur les micromammifères présents.

Les reptiles et amphibiens

©T_Jourdain

Alyte accoucheur ©T.Jourdain

Triton alpestre © T. Jourdain

6 espèces de reptiles et 9 d’amphibiens ont été observées. Sans avoir posé de plaques reptiles au préalable, la détection des serpents est délicate. La Couleuvre à collier (4 observations) et la Coronelle lisse sont les deux seuls serpents à avoir été observés. Le Lézard des souches a été trouvé en lisière de la forêt de Sourdun. Dans les mares de la forêt de Sourdun, le Triton alpestre et le Triton crêté ont été trouvés lors d’une sortie nocturne, et l’Alyte accoucheur entendu à plusieurs reprises. La Rainette verte est également présente sur Melz.

Les poissons

Aucun effort d’inventaire n’a malheureusement pu être mené sur ce groupe, seule une Carpe a été signalée !

Les insectes

429 espèces, mais plusieurs données sont encore en attente.

Sésie de l'oseille © A. Dehalleux.jpg Eubolie roussatre © J. Bottinelli

Les papillons de nuit, peu nombreux en raison de la météo des dernières semaines, se succédaient sur les draps blancs tendus sous la lampe des deux pièges lumineux installés sur la commune de Melz. 117 espèces ont tout de même été observées. Ce fut l’occasion d’observer quelques espèces typiques des milieux humides, telles que la Zeuzère du roseau, des prairies sèches, comme l’Eubolie roussâtre, et des milieux forestiers, comme le Chrysographe. Une arrivée surprenante sur l’un des draps fut celle d’une Grande Hydrophile (Hydrophilus piceus), l’un des plus gros coléoptères aquatiques d’Europe, atteignant 5 cm.

Au réveil, dans le camping, c’est une Sésie de l’Oseille qui était posée sur les euphorbes en attendant que le temps s’améliore !

De jour, quelques papillons volaient sur les pelouses calcaires malgré les conditions météorologiques moyennes (seulement 20 espèces de rhopalocères) : l’Argus bleu céleste et l’Azuré des cytises sont apparus assez fréquents dans le secteur, et deux espèces du genre Plebejus, l’Azuré des coronilles et le l’Azuré de l’Ajonc, ont été découvertes, ainsi qu’un Ascalaphe souffré, magnifique névroptère aux ailes suffusées de jaune. Les inondations n’ont pas permis de parcourir la vallée de la Seine, mais cela n’a pas empêché quelques odonatologistes de tomber sur des espèces intéressantes, telles que la Cordulie à corps fin, même si les 21 espèces observées sur le week-end ne sont pas représentatives de la richesse supposée du secteur en libellules. Le mois de juin est encore précoce pour les espèces de la famille des Orthoptères, mais les grillons et les tétrix sont déjà de sortie : plusieurs exemplaires du Grillon bordelais ont ainsi été entendus, et au moins 3 espèces de Tétrix ont été trouvées, dont le rare Tétrix des carrières. Un effort important a été mené sur les coléoptères, et pour l’instant 144 espèces ont été recensées, avec, parmi elles, des espèces peu courantes comme Lissodema cursor, petit scarabée crépusculaire dont la biologie est mal connue mais qui semble lié aux champignons endogés, ou Polystichus connexus, qui compte moins de 20 stations connues en France. 46 espèces de mouches et autant de punaises ont été recensées, mais nous manquions de spécialistes des hyménoptères (seulement 18 espèces).

Les autres invertébrés

Ne les oublions pas : 20 espèces de mollusques, 8 espèces de cloportes, 34 espèces d’araignées et 5 espèces de mille-pattes ont été identifiées !

 

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